Les Kurdes craignent un «2e Lausanne»

Les Kurdes craignent un «2e Lausanne»

Nonante ans après le Traité de Lausanne, signé le 24 juillet 1923, la question kurde est sans solution et fait l’actualité. En Suisse, vivent environ 80000 Kurdes, réfugiés pour la majorité.

 

On dirait que le tabou kurde se brise en Turquie. Ce printemps, nous avons découvert que les services secrets turcs rencontraient régulièrement le chef du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), Abdullah Öcalan, emprisonné depuis quatorze ans sur l’île d’Imrali (en mer de Marmara). Ces rencontres sont devenues publiques et, le 21 mars dernier, jour du Nouvel An kurde, le message du leader kurde a été adressé à la foule à Diyarbakir: la fin de la lutte armée. Un espoir pour la paix et la démocratie pour certains, un «deuxième Lausanne» pour d’autres, qui se méfient d’Ankara. C’est que le Traité de Lausanne de 1923 a influencé profondément le destin des Kurdes.

L’histoire nous parle de vingt-neuf révoltes populaires kurdes depuis le 24 juillet 1923, date de la signature du Traité de Lausanne (lire ci-contre). Le récit national présente la guérilla du PKK, lancée en 1984, comme la 29e révolte contre Ankara. Depuis avril 1993, le mouvement kurde a recouru huit fois à un cessez-le-feu unilatéral. Après l’arrestation d’Öcalan, la question a pris une autre orientation: les négociations avec le gouvernement, l’abandon de l’idéologie marxiste-léniniste et la revendication des droits culturels, au lieu de l’indépendance. Le gouvernement turc est satisfait du retrait des insurgés de son territoire mais il n’a pas une politique convaincante. Certes, la question kurde est aujourd’hui discutée quasi ouvertement en Turquie dans toute sa complexité politique et idéologique. Néanmoins, le gouvernement islamo-conservateur a arrêté plus de 10 000 personnes depuis 2009, parmi lesquelles se trouvent des députés, des
intellectuels, et des militants pacifistes.

La dimension internationale du problème kurde est aussi complexe. La Turquie concentre la moitié des Kurdes divisés entre quatre Etats de la région (Iran, Irak, Syrie, Turquie). La crainte du sécessionnisme kurde est l’un des aspects du «syndrome de Sèvres» persistant dans certains cercles nationalistes du pouvoir turc. Les Kurdes d’Irak disposent depuis 2003 d’une large autonomie et ceux de la Syrie y aspirent également. Les «printemps arabes» qui bouleversent les régimes totalitaires et répressifs de la région obligent aussi la Turquie de résoudre son problème kurde. Et la présence de la diaspora kurde en Europe a toujours compliqué les relations d’Ankara avec les capitales européennes. Plus de 1 million de Kurdes vivent en Europe, les deux tiers en Allemagne et environ 80 000 en Suisse. Ces émigrés kurdes sont très politisés et militent activement depuis le milieu des années 1980 pour la reconnaissance de leurs droits en Turquie. Le mouvement national kurde trouve un fort appui politique et économique auprès de ces communautés, qui dénoncent les politiques répressives d’Ankara auprès des opinions européennes.

Même si, d’une part, la conjoncture régionale et, d’autre part, l’Union européenne poussent Ankara à dédramatiser la question kurde, le gouvernement de Tayyip Erdogan n’a pas de projet concret. De plus, le Premier ministre, qui est connu pour sa rhétorique populiste à l’attention des Turcs et provocatrice à l’égard des Kurdes, proférait en août 2008 à Diyarbakir que la Turquie connaît «une seule nation, un seul drapeau, une seule langue et un seul Etat» et que «ceux qui ne sont pas d’accord avec ce principe peuvent quitter le pays». Ce qui a entraîné des émeutes dans cette ville. Le lancement d’une chaîne nationale de télévision en langue kurde, TRT6, en janvier 2009, a été perçu comme anecdotique par les Kurdes. Suite aux pressions d’Ankara, Copenhague vient d’interdire les émissions de trois chaînes kurdes diffusant depuis le Danemark.

Depuis la fondation de la république kémaliste, les Kurdes, considérés comme un danger pour l’unité et l’identité nationale turque, ont été pris dans un processus d’assimilation centralisateur. Ce qui les a poussés à devoir choisir entre marginalisation et révoltes. Composant plus de 20% (sur 75 millions d’habitants) de la population de Turquie, ils ne sont pas reconnus dans leurs spécificités par le Traité de Lausanne du 24 juillet 1923. Dans le récit nationaliste turc sur ce traité, le mouvement nationaliste, issu de l’Empire ottoman vaincu durant la Première Guerre mondiale, se présente brillamment sous le commandement du héros Mustafa Kemal. Il a défié les impérialistes dans une «guerre de libération» de 1919 à 1922. Il a également remporté la victoire contre les «traîtres grecs, arméniens et kurdes». Il pose ainsi les fondements de l’homogénéité nationale.

Comme l’écrit l’historien suisse Hans Lukas Kieser, «le Traité de Lausanne est un jour de gloire ou de deuil, de triomphe ou d’humiliation. C’est pourquoi ses retombées se font toujours sentir dans les rues de Lausanne». Chaque année, des milliers de Kurdes provenant de toute la Suisse crient leur slogan dans les rues de cette ville: «Nous ne reconnaissons pas le Traité de Lausanne».

Le gouvernement turc devrait agir clairement dans deux directions pour convaincre les Kurdes de sa bonne foi. Sur un axe politico-économique, il faut traiter de façon adéquate le retour des réfugiés et la restitution de leurs biens matériels, la libération de plus des 10 000 prisonniers politiques arrêtés depuis 2009 et l’abolition d’un système électoral qui empêche les Kurdes d’être représentés démocratiquement au parlement turc. Le deuxième axe est constitutionnel, pour envisager une nouvelle définition de la citoyenneté, multiethnique et multiconfessionnelle.

Après nonante ans, Lausanne n’est donc pas un traité à réviser, mais à surmonter: par l’émancipation véritable d’un ethnonationalisme antihumaniste, entretenu par un Etat qui a persisté à se voir menacé de démembrement par ses propres citoyens. Dans le contexte international et la conjoncture régionale d’aujourd’hui, le Traité de Lausanne est devenu un habit étroit et démodé, qui ne sied plus à la Turquie.

Ihsan Kurt*
 

* Président de l’Association pour le fonds kurde Ismet Chérif Vanly (AFKICV). L’association a organisé une conférence débat le 22 juin dernier à Lausanne avec des intervenants académiques et politiciens suisses et kurdes.

Comme chaque année, la communauté kurde de Suisse manifestera contre le Traité de Lausanne, ce samedi 27 juillet à 14 h, place de la Riponne, à Lausanne. Cette action est organisée par la FEKAR (Fédération des associations culturelles du Kurdistan), qui compte 13 associations en Suisse.

Article paru dans le journal Le Courrier,
le 24 juillet 2013

« 90e anniversaire du Traité de Lausanne (1923)
dans une perspective de changements en Turquie et au Moyen-Orient »

L’AFKIV a organisé une conférence le 22 juin 2013 à l’occasion du 90e anniversaire du Traité de Lausanne, dans la salle du Conseil communal de Lausanne.

Y ont notamment participé:

Les Kurdes craignent un «2e Lausanne»

Les Kurdes demandent les bons offices de la Suisse

Des élus et la diaspora kurde croient que l’heure de la paix est venue et appellent le Conseil fédéral à s’engager.

 

Le débat sur la paix en Turquie n’a jamais été aussi opportun. Après des rencontres infructueuses entre les services secrets turcs et les dirigeants du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) à Oslo, durant ces deux dernières années, les discussions ont repris entre Abdullah Öcalan, le chef du PKK, emprisonné depuis 1999, et les députés kurdes. Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et la présidence du BDP (Parti pour la paix et la démocratie) ont exprimé leur claire volonté d’ouvrir le dialogue.

L’option portée par ces représentants de la classe politique consiste à octroyer aux Kurdes «des droits culturels» et «de la citoyenneté constitutionnelle». Pour sa part, le PKK se prépare à son huitième cessez-le-feu unilatéral depuis 1993. Selon les médias turcs et kurdes, le 21 mars, l’organisation déclarera un cessez-le-feu. En prélude, elle vient de libérer des militaires retenus prisonniers. Ce débat a eu de nombreux échos dans l’UE, et aussi dans la diaspora kurde en Suisse.
En raison de la volonté kurde d’aller vers l’autonomie, et cela malgré les vains efforts d’Ankara pour réprimer cet élan, le véritable problème reste la confiance très faible des Kurdes envers les autorités turques. Autre obstacle: le leader charismatique des Kurdes, Abdullah Öcalan, ne pourrait pas mener ces négociations depuis sa prison d’Imrali, en mer de Marmara. Les milieux kurdes pensent qu’il y a un trop fort risque qu’il soit manipulé et instrumentalisé par les services secrets turcs.

Deux difficultés importantes, ont souligné Essa Mossa, ancien avocat de Nelson Mandela, et Colen Murphy, député irlandais, lors d’une conférence sur «le rôle des Etats neutres dans les négociations et la résolution pacifique de la question kurde», organisée le 23 février dernier à Berne1. Les orateurs, dont des parlementaires suisses et kurdes, ont pris comme point de comparaison la situation du régime d’apartheid d’Afrique du Sud et le processus de désarmement de l’IRA en Irlande du Nord.

La rencontre a permis de mettre en exergue l’importance d’une médiation internationale. Les associations kurdes de Suisse et certains conseillers nationaux ont exprimé leur souhait de voir la Suisse en charge des bons offices pour «la paix en Turquie». Les intervenants ont assuré que «les conditions étaient réunies pour une prise de position du Conseil fédéral».

Tant la députée du BDP Aysel Tugluk que Zubeyir Aydar, membre du Congrès national du Kurdistan (KNK), exilé en Suisse, ont demandé expressément le soutien de Berne et exprimé leur disposition à collaborer avec les autorités helvétiques pour résoudre le conflit en Turquie.

Les hôtes, en l’occurrence les conseillers nationaux Carlo Sommaruga (PS/GE), instigateur de la conférence, Yvonne Gilli (Vert/SG) et Beat Jeans (PS/BS), ont estimé que la Suisse pourrait jouer un rôle prépondérant dans un tel processus de paix. Les parlementaires ont souligné l’importance de la neutralité Suisse, son histoire non coloniale et son expérience dans la résolution des conflits au Moyen-Orient et en Amérique latine. Beat Jeans a appelé le Conseil fédéral à saluer le dialogue entre le PKK et les autorités turques. La Suisse garantit déjà par ailleurs les négociations entre Ankara et Erevan pour la normalisation des relations diplomatiques avec l’Azerbaïdjan et l’Arménie dans le cadre du conflit du Haut Karabakh.

La migration turque vers la Suisse date des années 1960 déjà. Economique jusqu’au coup d’Etat militaire de 1980, elle est devenue politique avec l’arrivée des syndicalistes et de militants de gauche. Avec quelque 120 000 personnes, dont 80 000 d’origine kurde, la diaspora de Suisse serait la sixième communauté turque à l’étranger.

La Suisse est également bien connue des Kurdes en raison du Traité de Lausanne de 1923, qui signe la naissance et la reconnaissance internationale de la République turque. Chaque année, le 24 juillet, les associations kurdes organisent des protestations dans la capitale vaudoise. En novembre 2008, Pascal Couchepin, alors président de la Confédération, a offert à la Turquie la table sur laquelle fut signé le Traité de Lausanne, ce qui avait outragé les diasporas kurde et arménienne de Suisse. Tout cela rendrait une potentielle intervention suisse très forte symboliquement.

Ihsan Kurt*

* Président de l’AFKICV – Association pour le Fonds Kurde Ismet Chérif Vanly (Prilly-VD)

 

Article paru dans le journal Le Courrier,
le 21 décembre 2016

Ismet Vanly, un demi-siècle en Suisse mais Kurde plus que jamais

Ismet Vanly, un demi-siècle en Suisse mais Kurde plus que jamais

Cet ancien ambassadeur de Mustapha Barzani, aujourd’hui membre du parlement kurde en exil, ne s’est jamais laissé anesthésier par la tranquillité lausannoise

 

Le vieil homme n’attend pas que ses visiteurs soient assis pour brandir la couverture du Times exhibant la stature colossale d’Öcalan, mains liées, yeux bandés. «C’est une insulte aux droits de l’homme!» tonne-t-il. Ses doigts tremblent. «Quand Rome capturait un chef, on le promenait dans une cage. Maintenant, les cages sont devenues des journaux et des télévisions.» Avec ses cheveux blancs clairsemés, ses gestes raffinés, Ismet Cheriff Vanly a l’air d’un enfant fragile que l’âge aurait marqué trop rapidement. La révolte ne parvient pas à occulter la douceur des traits de ce Kurde de 75 ans, membre du parlement kurde en exil établi depuis cinquante ans en Suisse. Une femme veille sur lui avec la fierté et la bienveillance d’une lionne.

D’un coup sec, il envoie le magazine sur la table basse du salon. «Je ne fais pas partie du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). Mais Öcalan est la seule personne à avoir redonné aux Kurdes un sentiment de dignité. Il est l’unique rassembleur de notre peuple.» Depuis la capture de son leader Öcalan, la cause kurde occupe le devant de la scène politique. Partout, les manifestations se succèdent. Le week-end dernier, les premiers commandos kurdes ont commencé leurs opérations militaires en Turquie. «Certains médias ne voient en nous que des terroristes menaçant l’Occident», poursuit Vanly, enflammé.

A côté de sa vie tranquille dans la capitale vaudoise comme professeur d’histoire à la faculté, Ismet Vanly n’a jamais cessé de combattre pour la cause kurde. Ni sa condamnation à mort en Syrie ni l’assassinat auquel il a miraculeusement échappé n’ont freiné sa détermination.

Tandis que le vieil homme gronde, la petite femme tournoie autour de lui, appuyant ses dires. De ses yeux sombres, elle balaie l’espace du petit appartement dans lequel le couple reçoit. Un décor simple et coquet. Au milieu de la pièce, une table ronde recouverte d’une nappe et de la vaisselle blanche signifient au visiteur qu’il est attendu. Sur les étagères bourrées de livres, beaucoup de photos encadrées.

«J’ai appris le kurde ici, il y a cinquante ans», explique celui qui ouvre une brèche sur sa vie. Ne reste plus qu’à s’y laisser glisser avec la complicité de l’épouse au regard ardent. «J’étais alors ambassadeur de Mustapha Barzani (un des leaders kurdes d’Irak des années 60-70) à New York entre 1962 et 1970…» La dame amène une photo dans un cadre d’argent. «Les voilà ensemble, c’était en 1965», glisse-t-elle. Deux hommes jeunes, enturbannés, posent dans une lumière blafarde.

«A la maison, on parlait l’arabe. Mes parents ne nous ont jamais parlé kurde.» Nous voilà transportés à Damas, dans le quartier kurde adossé à la montagne et séparé de la capitale par des hectares d’abricotiers. «Des milliers d’abricotiers en fleur…» précise l’épouse, le regard brillant. «Nous, on ne se considérait pas comme des gens de Damas. Eux, c’étaient des Shâmis, ceux du Levant.»

C’est au club de foot qu’il s’initie au nationalisme. «Les chefs des mouvements kurdes étaient venus se réfugier en Syrie après la révolte de l’Ararat, en 1931. Dès mon adolescence, je les fréquentais dans les cafés de Damas. Mon père était colonel. Il ne voyait pas du tout ça d’un bon œil.» Etudes à Beyrouth, puis à Lausanne. «Je me suis tout de suite senti à l’aise ici. Je ne ressemble pas aux Orientaux. Même quand j’étais à Damas, je n’aimais pas le va-et-vient familial. Ma femme est Suissesse mais elle est tout le contraire de moi. Elle bavarde avec tous les voisins.»

La lumière du soleil couchant caresse la jolie table autour de laquelle se savoure une tourte aux pommes. «En 1965, j’étais condamné à mort en Syrie… J’ai toujours dit que la guérilla dans les montagnes entraînerait un génocide. Nous n’avons pas les moyens de soutenir une guerre comme nos grands-pères. On ne doit pas avoir une mentalité de forteresse assiégée. Pour se libérer, il faut s’attaquer aux symboles de l’Etat, aux industries, avec des cibles bien choisies. Il suffit de quelques petites cellules de quatre ou cinq personnes, avec de petites logistiques. Quelques centaines de personnes au total, qui ne se connaissent pas et qui frappent. Si le gouvernement ne fait pas son devoir, à nous de faire justice.» Ismet Vanly ne serait-il pas en train d’expliquer comment on met sur pied des attentats? Les mots passent.

«Vous savez qu’on a essayé d’assassiner mon mari? lance soudain la dame. Je n’oublierai jamais les yeux du tueur. Raconte, Ismet!» L’époux s’exécute: «C’était en 1976. Saddam Hussein avait envoyé son cousin Tikriti, ambassadeur à Genève. Il est venu avec un soi-disant diplomate. J’avais invité deux amis kurdes médecins. Tikriti m’a dit alors: «Je suis ton frère, arrête d’insulter le gouvernement.» En partant, il m’a dit: «Je t’enverrai des dattes de chez nous.» Trois jours plus tard, l’autre est revenu. C’était midi. En ouvrant, je l’ai vu avec ses dattes dans un sac en nylon. Je lui ai tout de suite dit: «Je ne veux pas de tes dattes.» Mais, vous savez, l’hospitalité… Je l’ai fait entrer, je lui ai demandé ce qu’il voulait boire. «Un café», m’a-t-il répondu. Je n’avais qu’une envie: qu’il parte. Quand j’ai tourné le bouton de la cuisinière, ma tête a vibré. J’ai vu le sang couler. Et j’ai pensé: quelle honte que mon sang coule comme ça, devant un étranger. Je me suis retourné et je l’ai vu s’enfuir. J’ai alors appelé le 117, aucun son ne sortait de ma bouche. Je n’avais toujours pas compris. Je croyais que j’avais reçu une secousse électrique de la cuisinière. Je suis allé sonner chez les voisins. Là tout est allé très vite. En attendant l’ambulance, j’ai rangé mon manuscrit et j’ai pris un peu d’argent. J’ai perdu connaissance juste avant d’arriver à l’hôpital. En ouvrant les yeux, la première chose à laquelle j’ai pensé, c’était à la cuisinière. Je voulais avertir Carmen pour qu’elle n’y touche pas. On m’a dit que j’avais reçu deux balles dans la nuque.»

Depuis, la famille vit sous un faux nom. Et, chaque fois qu’elle reçoit un visiteur, le fils est dans les parages, avec son chien.

 

Carole Vann et Ihsan Kurt / InfoSud

Article paru dans le journal Le Nouveau Quotidien,
le 10 mars 1999